Pourquoi le pangolin est-il l’animal le plus trafiqué au monde ?

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Le pangolin ne ressemble à aucun autre animal sur Terre. Pourtant, peu de gens connaissent vraiment son existence. Cet animal étrange recouvert d’écailles est devenu la victime numéro un du trafic mondial. Chaque année, des centaines de milliers de pangolins disparaissent dans la nature. Cette situation me rend vraiment triste quand j’y pense. Comprendre pourquoi cet animal est tant chassé peut nous aider à mieux le protéger.

Un animal vraiment unique

Le pangolin ressemble à un mélange improbable entre un tatou, un fourmilier ou un artichaut géant. Son corps est recouvert d’écailles faites de kératine. C’est la même matière qui compose nos ongles ou nos cheveux. Ces écailles lui donnent une apparence de pomme de pin vivante. Quand il se sent menacé, le pangolin se roule en boule. Cette défense fonctionne parfaitement contre ses prédateurs naturels. Malheureusement, elle le rend très facile à capturer pour les braconniers. Il suffit de le ramasser comme un ballon.

Le pangolin vit principalement en Asie ou en Afrique. Il existe huit espèces différentes réparties sur ces deux continents. Toutes sont aujourd’hui menacées d’extinction. Certaines espèces asiatiques sont déjà au bord de la disparition complète. Cet animal nocturne passe ses nuits à chercher des fourmis ou des termites. Sa langue peut mesurer jusqu’à quarante centimètres de long. Il n’a pas de dents mais son estomac broie les insectes avalés. Le pangolin joue un rôle crucial dans son écosystème en régulant les populations d’insectes.

La médecine traditionnelle en cause

La première raison du trafic vient des croyances médicales ancestrales. En Chine notamment, les écailles de pangolin sont utilisées depuis des siècles. La médecine traditionnelle chinoise leur attribue des vertus curatives extraordinaires. Les praticiens affirment qu’elles soignent l’arthrite, l’asthme ou même le cancer. Certains croient qu’elles améliorent la lactation chez les femmes qui allaitent. D’autres les utilisent pour traiter des problèmes de peau.

Le problème, c’est que la science a prouvé que tout cela est faux. Les écailles de pangolin n’ont aucune propriété médicinale particulière. Elles sont composées exactement de la même matière que nos ongles. Personne ne prendrait des ongles humains comme médicament. Pourtant, ces croyances persistent malgré les preuves scientifiques. La demande reste donc énorme sur le marché asiatique. Un kilo d’écailles peut se vendre plusieurs milliers de dollars. Cette somme astronomique pousse les braconniers à prendre tous les risques.

Un symbole de richesse

La viande de pangolin est devenue un plat de luxe dans certains pays. En Chine ou au Vietnam, manger du pangolin montre qu’on appartient à la classe aisée. Les restaurants haut de gamme proposent des plats à base de pangolin pour des prix exorbitants. Certains hommes d’affaires organisent des banquets où le pangolin est le mets principal. Cette consommation ostentatoire n’a rien à voir avec le goût. Il s’agit uniquement d’afficher sa réussite sociale.

Les nouveaux riches asiatiques recherchent des produits rares pour se distinguer. Plus l’animal est rare, plus sa consommation est valorisée. Le pangolin répond parfaitement à cette logique perverse. Sa rareté croissante augmente encore son prix sur le marché. Cela crée un cercle vicieux mortel pour l’espèce. Plus il disparaît, plus il devient désirable pour ceux qui veulent le manger.

Un trafic mondial très organisé

Le commerce illégal de pangolins s’est professionnalisé au fil des années. Des réseaux criminels internationaux se sont spécialisés dans ce trafic. Les braconniers africains capturent les pangolins dans la brousse. Ils les vendent ensuite à des intermédiaires qui organisent l’exportation. Les écailles sont cachées dans des containers de marchandises légales. Elles traversent les océans pour rejoindre l’Asie où la demande explose.

Les autorités saisissent régulièrement des cargaisons impressionnantes. En 2019, une seule saisie en Malaisie contenait trente tonnes d’écailles. Cela représente environ cinquante mille pangolins morts. Mais ces saisies ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les experts estiment que seulement dix pour cent du trafic est intercepté. Le reste arrive à destination sans problème.

Les braconniers gagnent peu d’argent par rapport aux bénéfices finaux. Ce sont les intermédiaires qui s’enrichissent vraiment dans ce commerce. Un braconnier africain reçoit peut-être cinquante dollars par pangolin. Le même animal se revendra plusieurs milliers de dollars en Asie. Cette chaîne de valeur explique pourquoi le trafic est si difficile à arrêter.

L’épuisement des populations asiatiques

Les pangolins asiatiques ont été chassés en premier car ils étaient les plus proches des marchés. Aujourd’hui, plusieurs espèces asiatiques sont pratiquement éteintes dans la nature. Le pangolin de Chine est devenu extrêmement rare sur son territoire d’origine. Les trafiquants se sont donc tournés vers l’Afrique pour répondre à la demande. Les pangolins africains subissent maintenant une pression terrible.

Cette situation montre que le problème ne fait que se déplacer géographiquement. Tant que la demande existera, les braconniers trouveront de nouveaux territoires à piller. Les quatre espèces africaines de pangolins sont maintenant toutes menacées. Leur disparition progressive suit exactement le même schéma que leurs cousins asiatiques. Dans vingt ans, il ne restera peut-être plus aucun pangolin sauvage nulle part.

Des efforts de protection insuffisants

Le pangolin bénéficie pourtant d’une protection légale dans presque tous les pays. Toutes les espèces sont inscrites sur la liste des espèces menacées. Le commerce international de pangolins est totalement interdit depuis 2016. Mais ces lois restent difficiles à appliquer sur le terrain. Les pays africains manquent souvent de moyens pour surveiller leurs immenses territoires. Les gardes forestiers sont peu nombreux face à l’étendue des zones à protéger.

La corruption complique encore la situation. Certains fonctionnaires ferment les yeux contre des pots-de-vin. Les trafiquants bénéficient parfois de complicités au plus haut niveau des États. Les douaniers laissent passer des cargaisons suspectes sans les contrôler vraiment. Cette corruption généralisée mine tous les efforts de conservation.

Les organisations de protection travaillent dur pour sauver les pangolins. Elles financent des patrouilles anti-braconnage dans les zones sensibles. Elles soignent les pangolins saisis avant de les relâcher dans la nature. Certaines tentent même d’élever des pangolins en captivité. Mais ces efforts restent une goutte d’eau face à l’ampleur du problème.

Le rôle de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a mis le pangolin sous les projecteurs mondialement. Certains scientifiques ont suggéré que le virus pourrait avoir transité par cet animal. Cette hypothèse n’a jamais été prouvée de manière certaine. Mais elle a attiré l’attention sur les marchés d’animaux sauvages en Asie. La Chine a alors interdit temporairement le commerce d’animaux sauvages.

Cette interdiction a apporté un répit temporaire aux pangolins. Pendant quelques mois, la demande a chuté brutalement. Malheureusement, ces mesures se sont relâchées avec le temps. Le marché noir a repris progressivement ses activités. Aujourd’hui, le trafic a probablement retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie. L’impact positif de la COVID sur les pangolins aura été de courte durée.

Changer les mentalités

La vraie solution passe par un changement profond des mentalités. Tant que des millions de personnes croiront aux vertus médicinales des écailles, le trafic continuera. Il faut éduquer les populations sur la réalité scientifique. Les écailles de pangolin ne soignent rien du tout. Les consommateurs doivent comprendre qu’ils participent à l’extinction d’une espèce unique.

Les gouvernements asiatiques ont un rôle majeur à jouer. Ils doivent mener des campagnes de sensibilisation massives. Les célébrités locales pourraient porter ce message auprès du grand public. Les écoles devraient enseigner la protection de la biodiversité dès le plus jeune âge. Changer des croyances ancestrales prend du temps mais c’est possible.

La médecine moderne offre des alternatives efficaces pour tous les maux traités traditionnellement avec des écailles. Les médecins doivent promouvoir ces traitements scientifiquement prouvés. Les pharmacies ne devraient plus vendre de produits à base d’animaux menacés. Cette transition vers une médecine basée sur les preuves est essentielle.

Ce que chacun peut faire

On se sent souvent impuissant face à un problème aussi lointain. Pourtant, chacun peut agir à son niveau pour aider les pangolins. Parler de ce problème autour de soi sensibilise les gens. Beaucoup ignorent même l’existence des pangolins ou leur situation critique. Partager des informations sur les réseaux sociaux peut toucher des milliers de personnes.

Soutenir financièrement les organisations de protection fait une vraie différence. Même de petits dons permettent de financer des patrouilles anti-braconnage. Certaines associations proposent même de parrainer un pangolin sauvage. Refuser d’acheter des produits à base d’animaux sauvages lors de voyages en Asie envoie un message clair.

Les touristes peuvent aussi jouer un rôle important. Il ne faut jamais visiter de restaurants qui servent du pangolin. Signaler ces établissements aux autorités locales peut aider à les fermer. Refuser catégoriquement d’acheter des souvenirs faits d’écailles ou d’ivoire limite la demande. Chaque geste compte dans ce combat pour la survie de l’espèce.

Un avenir incertain

Personne ne sait vraiment si les pangolins survivront au siècle prochain. Leur situation actuelle est vraiment critique. Au rythme actuel du braconnage, plusieurs espèces pourraient disparaître d’ici dix ans. Cette perspective me terrifie car nous perdrions un animal unique au monde. Le pangolin existe depuis des millions d’années. Il serait tragique qu’il s’éteigne à cause de croyances non fondées.

Mais il reste encore de l’espoir si nous agissons rapidement. D’autres espèces menacées ont été sauvées grâce à une mobilisation internationale. Le panda géant était au bord de l’extinction il y a cinquante ans. Aujourd’hui, ses populations se stabilisent grâce aux efforts de conservation. Le même scénario est possible pour le pangolin.

Le plus important est de ne pas abandonner ce combat. Chaque pangolin sauvé compte. Chaque braconnier arrêté représente une victoire. Chaque personne qui renonce à acheter des produits dérivés aide l’espèce. La somme de ces petites actions peut créer un vrai mouvement de protection. Les pangolins méritent de continuer à exister dans leurs forêts ancestrales. C’est à nous de leur donner cette chance de survie.

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