Pourquoi les relations sexuelles à plusieurs étaient normales dans l’Antiquité

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Le sexe à plusieurs dans l’Antiquité : bien plus qu’une question de plaisir

Quand on pense aux partouzes dans l’Antiquité, on imagine souvent des orgies romaines décadentes avec du vin qui coule à flot. Des scènes dignes d’un porno historique où tout le monde couche avec tout le monde dans une ambiance de débauche totale. Sauf que la réalité était beaucoup plus compliquée que ça.

Les relations sexuelles à plusieurs répondaient à des logiques très précises. Ça parlait de pouvoir, de descendance, de politique ou même de religion. Rarement de simple plaisir partagé. Et surtout, c’était profondément inégalitaire entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, entre citoyens libres et esclaves.

Dans la Bible : faire des enfants avant tout

Les textes bibliques racontent des histoires assez incroyables quand on y pense. Prenez Jacob par exemple. Le mec est marié à deux sœurs en même temps, Léa et Rachel. Déjà, ça commence fort. Mais ce n’est pas fini.

Rachel ne peut pas avoir d’enfants. Ça la rend dingue parce qu’à l’époque, une femme qui n’enfante pas c’est presque une femme inutile. Alors elle trouve une solution radicale. Elle dit à son mari d’aller coucher avec sa servante Bilha. Comme ça, l’enfant qui naîtra sera considéré comme le sien. Pour bien marquer le coup, la servante accouche carrément sur les genoux de sa maîtresse !

Léa voit ça et se dit qu’elle va pas se laisser dépasser. Elle fait exactement la même chose avec sa propre servante Zilpa. Jacob accepte tout ça sans broncher. Au final, le pauvre gars se retrouve à faire des enfants à quatre femmes différentes. Mais personne ne cherche le plaisir là-dedans. C’est juste une course à la descendance entre les deux sœurs.

Coucher avec les femmes du roi pour prendre son trône

Toujours dans la Bible, il y a cette histoire dingue d’Absalom qui renverse son père le roi David. Pour bien montrer qu’il est le nouveau boss, il fait un truc assez radical. Il couche avec les dix concubines que son père gardait dans son harem.

Mais attention, c’est pas fait en cachette. Absalom fait dresser une tente sur la terrasse du palais. Le peuple ne voit rien directement, mais tout le monde sait ce qui se passe à l’intérieur. C’est une mise en scène politique pure. En s’appropriant sexuellement les femmes de son père, Absalom affirme publiquement qu’il prend sa place. C’est brutal comme message.

Franchement, quand on lit ça aujourd’hui, ça met mal à l’aise. Les femmes sont traitées comme des objets politiques. Elles passent d’un homme à l’autre pour symboliser un transfert de pouvoir. Leur consentement ? On s’en fout complètement à l’époque.

En Grèce : tout pour le plaisir des hommes riches

Les Grecs antiques avaient une vision du sexe qui nous paraît choquante aujourd’hui. À Athènes ou à Corinthe, les riches citoyens organisaient régulièrement des soirées avec des prostituées de luxe. On les appelait les hétaïres. C’était pas des prostituées de rue basiques. Ces femmes étaient éduquées, savaient jouer de la musique, danser, tenir une conversation.

Pendant ces soirées, plusieurs hommes pouvaient coucher avec la même femme. Parfois même en même temps. Les vases grecs montrent clairement ce genre de scènes. Plusieurs mecs pénètrent la même prostituée sous différents angles. C’était considéré comme normal, voire cool pour les hommes libres.

La règle était simple dans leur tête. L’homme devait toujours être celui qui pénètre. Jamais celui qui se fait pénétrer. Pénétrer c’est dominer, c’est viril, c’est valorisant. Se faire pénétrer c’est être dominé, c’est honteux. Même entre hommes, cette logique s’appliquait. Un citoyen libre ne devait jamais être en position de soumission sexuelle.

Certains mecs se cotisaient même pour louer une hétaïre à plusieurs. Ça permettait de diviser les frais tout en passant un moment entre potes. Pour eux, c’était convivial. Pour la femme ? On lui demandait pas son avis.

Les femmes qui aiment trop le sexe : des monstres

Dans l’imaginaire antique, les femmes avaient le droit d’avoir du désir sexuel. Mais dans des limites très strictes. La déesse Aphrodite incarnait la sexualité féminine libre. Elle prenait des amants, trompait son mari Héphaïstos, faisait ce qu’elle voulait. Mais voilà le truc : c’était une déesse. Les règles divines ne s’appliquent pas aux humaines.

Pour les vraies femmes, avoir trop de désir sexuel c’était carrément monstrueux. Regardez comment on décrit Cléopâtre dans les textes romains. Insatiable, immorale, une nympho dangereuse qui utilise son corps pour manipuler les hommes. Messaline, l’épouse de l’empereur Claude, c’est encore pire. On l’accuse d’orgies sexuelles multiples, d’infidélités en série. Résultat ? Elle est condamnée à mort.

Ces portraits montrent la peur des Romains face à une sexualité féminine autonome. Une femme qui prend du plaisir comme elle veut, ça dérange l’ordre établi. L’idéal féminin romain c’est la univira, la femme fidèle à un seul homme toute sa vie. De préférence qui fait ses enfants en silence sans trop en profiter.

La fidélité : un truc de femmes uniquement

J’ai toujours trouvé fascinant ce double standard dans l’Antiquité. Prenez l’Odyssée d’Homère. Ulysse passe dix ans à rentrer chez lui après la guerre de Troie. Pendant ce temps, il couche avec la nymphe Calypso, avec la magicienne Circé, avec plein d’autres femmes. Personne ne lui reproche rien. C’est un héros, c’est normal qu’il baise un peu partout.

Pendant ce temps, sa femme Pénélope l’attend sagement à la maison. Elle repousse tous les prétendants qui veulent la marier. Elle reste fidèle pendant vingt ans. Et c’est elle qu’on admire pour sa vertu. Cette asymétrie est complètement assumée dans les textes antiques.

Pourquoi ? Parce que le corps féminin n’appartient pas à la femme. Il appartient d’abord à son père, puis à son mari. Une femme qui couche avec d’autres hommes, c’est comme si elle volait quelque chose qui ne lui appartient pas. Un homme libre par contre, il peut coucher avec qui il veut tant que c’est avec des gens de statut inférieur. Esclaves, prostituées, étrangers, pas de problème. Son honneur reste intact.

Le porno antique avait un message moral

Les fouilles de Pompéi ont révélé des fresques incroyables. Des scènes sexuelles explicites partout. Souvent avec plusieurs personnes impliquées. On pourrait croire que c’était juste pour exciter les gens. Mais en fait, ces images véhiculaient aussi un message moral.

Regarde bien les scènes. Il y a toujours un personnage principal qui prend clairement du plaisir. Et puis il y a les autres, qui sont là pour le servir. Ces images rappelaient aux spectateurs les normes sexuelles de l’époque. Elles montraient qui devait dominer et qui devait être dominé.

C’était de la propagande sexuelle en quelque sorte. Ça renvoyait chacun à sa place dans la société. Les citoyens libres en haut, les esclaves en bas. Les hommes qui pénètrent, les femmes qui subissent. Tout était codifié.

Les bacchanales : quand le sexe devient religieux

Les bacchanales c’était des cérémonies nocturnes en l’honneur de Bacchus, le dieu du vin. Imagine un mélange de beuverie géante, de transe mystique et d’orgie collective. Les participants buvaient jusqu’à perdre la tête. Hommes et femmes, jeunes et vieux, tout le monde se mélangeait.

Dans ce contexte religieux, les règles habituelles de pudeur sautaient. Les gens couchaient ensemble dans une sorte d’extase collective. C’était censé permettre de communier avec le divin. Mais évidemment, les autorités voyaient ça d’un très mauvais œil. Trop de transgression, trop de désordre, trop de mélange entre les classes sociales.

Les auteurs antiques décrivent ces rites avec fascination et dégoût en même temps. Ils sont attirés par l’idée de cette liberté sexuelle temporaire. Mais ils flippent aussi devant le chaos que ça représente. Et si les esclaves se mettaient à oublier leur place ? Et si les femmes prenaient goût à cette liberté ?

Au final, une société de domination

Voilà ce qui me frappe le plus dans tout ça. Le sexe à plusieurs dans l’Antiquité n’a rien à voir avec nos fantasmes modernes d’échangisme consenti entre adultes. C’était un système de domination pure.

Que ce soit pour faire des enfants, pour affirmer un pouvoir politique, pour le plaisir des hommes riches, ou même dans un cadre religieux, les règles restaient les mêmes. Certains dominaient, d’autres subissaient. Les hommes libres en haut, les femmes et les esclaves en bas.

Ces pratiques révèlent des sociétés profondément inégalitaires. Le sexe n’était pas un espace de liberté ou de plaisir partagé. C’était un outil de contrôle social. Un moyen d’affirmer sa place dans la hiérarchie. Les femmes vertueuses devaient rester fidèles. Les hommes puissants pouvaient multiplier les partenaires. Les esclaves n’avaient simplement aucun choix.

Quand on compare avec nos débats modernes sur le consentement, l’égalité sexuelle ou les relations libres, on mesure le chemin parcouru. Mais aussi tout ce qui reste à faire pour que le sexe soit vraiment un lieu d’échange égalitaire plutôt qu’un rapport de force.

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